dimanche 10 novembre 2019

Une année de grand changement. 7 au 13 novembre 2019

Jeudi 7 novembre: Il est 4 heures du matin, je ne parviens pas à dormir... Alors je décide de faire le récit au jour le jour de notre nouvelle aventure.  Me voici donc au milieu de la nuit devant mon écran en attendant que le comprimé de xanax agisse ! Ce n'est guère dans mes habitudes d'abuser de ces petites pilules mais lorsque le sommeil ne vient vraiment pas, c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour parvenir à me reposer un peu ! Certes, me soumettre à la lumière bleue de l'écran n'est pas la meilleure idée mais c'est peut-être plus facile que de remplir les pages d'un cahier que je ne termine jamais ! 
Cette fois , il semblerait que rien ne puisse interrompre notre nouveau projet. Nous partons demain à destination de la Normandie pour chercher une nouvelle maison ! 
Rentrés de Bretagne samedi 26 octobre après un séjour auprès des petites filles de Jp , nous avons passé ces 11 derniers jours en rendez-vous médicaux, tri de vêtements et d'objets, dépôts à la Recyclerie et au Secours Catholique et visites de sites d'agences immobilières. Il nous a fallu fabriquer un agenda géant pour pouvoir noter tous nos rendez-vous de visites de maisons pour les 10 à 12 jours à venir.  Jp a également créé un tableau Excel réunissant nos 36 critères ! 

Il nous tarde de trouver notre future demeure, et nous avons très peur (enfin surtout moi !) de ne pas retrouver un cocon tel que celui que nous nous sommes petit à petit construit dans notre maison rose de Vichy. Cette maison que nous avons complètement rénovée à notre goût, à laquelle nous avons ajouté au fil du temps de nombreuses petites touches (salon cocooning, bureau, dressing... ), nous allons avoir bien du mal à la quitter ! C'était le premier grand projet immobilier de notre vie de couple reconstitué après presque 8 ans entre gîtes et locations... et nous y avons mis tout notre cœur ! 


Notre Hirondelle


Alors me dire que dans moins de deux mois,  il nous faudra l'avoir quittée, j'en suis toute attristée ! On ne nous a pourtant pas mis le couteau sous la gorge et nous l'avons mise en vente de notre plein gré, mais entre la mise en vente et la vente, on passe de l'abstrait au concret, du rêve à la réalité !  Mais comme dit Jp, il faut savoir tourner la page et regarder devant  soi ! 

Nous prendrons la route dans quelques heures pour Paris où nous allons faire étape une nuit pour voir les futurs parents et le nouvel appartement dont ils viennent tout juste de faire l'acquisition dans le quartier des Batignolles. Ils n'aménageront qu'après les travaux et après la naissance de leur bébé, mon premier petit enfant, l'événement qui a motivé notre propre projet de déménagement en Normandie. Etre à deux heures maximum de Paris nous permettra de profiter au mieux de notre nouveau statut ! 

Il est maintenant presque 5h du matin et je vais tenter de regagner mon lit et de dormir quelques heures.        


Vendredi 8 novembre: Arrivés à Paris vers 20 heures hier soir, nous avons rejoint Ameline et Fabien pour visiter leur nouvel appartement dont la rénovation complète vient de commencer.  Nous sommes sidérés des prix sur Paris mais nous savons qu'en investissant dans la capitale, ils sont à peu près certains de faire des plus-values. C'est déjà leur second appartement à rénover dans le 17ème arrondissement. Le premier a été très bien revendu.  Ils ne pourront hélas emménager dans leur nouvelle demeure qu'après la naissance et ils seront à l'étroit pour les premières semaines avec le bébé. J'espère que nous aurons alors un toit qui permettra d'accueillir Ameline et son bébé quelques jours . 

Après la visite, nous sommes allés manger une pizza dans le quartier et Florent et Sonia nous ont rejoints. Autant je suis soulagée de voir qu'Ameline est épanouie dans sa vie professionnelle, sa vie de couple et de future maman, autant je suis toujours inquiète pour Florent et sa compagne Sonia qui peinent à se sortir des difficultés. Je rêverais tellement de les voir tous heureux et stabilisés dans tous les aspects de leurs vies... Mais je n'ai hélas aucun moyen d'agir et d'orienter leurs choix, ce sont des adultes. Je ne peux que les écouter s'ils en ont besoin et prendre du recul , beaucoup de recul !  

Une pensée très émue en ce 8 novembre car nous n'oublions pas que Rémy est parti il y a déjà 13 ans.  

Notre marathon commence ce matin après une petite nuit de repos. Nous prenons la route de la Normandie pour un premier RV à 13 heures devant l'église de Sassetot le Mauconduit.  2 visites de maisons dont seule la seconde retient notre attention. Une longère briques et silex, un beau terrain bordant la charmante église du village, un joli sol en carreaux de ciment, un beau séjour, une belle cuisine mais seulement trois chambres à l'étage, peu pratiques ! 
  
Maison à Criquetot le Mauconduit



Un second rendez-vous à 16 heures nous permet de découvrir une belle maison en briques à l'entrée du petit village d'Ancourt, proche de Dieppe, dans laquelle nous commençons à nous projeter. La maison date de 1850 et offre beaucoup de potentiel: une grande dépendance aménageable, un très grand grenier également aménageable et un grand sous-sol. Un beau séjour, une cuisine très agréable, une véranda... mais hélas la route assez passante est proche et le terrain n'est pas très exploitable pour accueillir des enfants.   


Maison à Ancourt


Débriefing dans la voiture puis dans notre petit gîte loué face à la mer à Pourville sur Mer.  Ajustement de notre grille de critères après un sympathique dîner dans un restaurant de Pourville.  


Samedi  9 novembre: Lever à 7h40 afin de partir après un petit déjeuner le plus copieux possible car l'emploi du temps de la journée ne nous permettra pas de nous restaurer. 
Nous avons à nouveau RV devant l'église de Sassetot le Mauconduit mais nous attendons désespérément l'agent immobilier qui ne donne pas signe de vie malgré mes appels et SMS.  
Nous partons donc sur le lieu de notre rendez-vous suivant à 12h devant l'église de Néville. Nous visitons trois maisons de qualité croissante (stratégie des agents immobiliers) et nous ne retenons que la troisième, une jolie longère bien restaurée sur un terrain de 9600 m2 et proche de Saint-Valéry-en-Caux. La maison se trouve au bout d'une longue allée boisée, dans un environnement calme et rural.  Pas de dépendances pour cette maison, des chambres en enfilade à l'étage mais une très belle et grande mezzanine avec une grande baie vitrée avec vue sur la campagne, qui pourrait être aménagée en chambre parentale avec un espace bureau.  


Maison à Hautot L'Auvray
 
Maison à Hautot L'Auvray
 


Bilan de ces deux journées de visites: deux maisons pourraient nous convenir en raison de leur volume, leur prix (travaux compris), leur situation... mais pas de véritable coup de cœur. 

Notre dernier rendez-vous de la journée est la visite d'une maison en location à Val de Saâne. Une grande maison traditionnelle,  jolie à l'extérieur mais sans charme à l'intérieur.  Nous allons attendre la visite de deux autres biens en location pour nous prononcer. 


Dimanche 10 novembre: C'est à 7h15 que le réveil sonne ce matin car nous avons rendez-vous à 9h pour visiter la maison de Sassetot le Mauconduit que nous n'avons pas pu visiter hier matin. La maison est située à 5 minutes à peine du centre ville de cette petite ville qui possède plusieurs commerces. La maison, une anglo-normande de 1925 est très séduisante de l'extérieur mais l'intérieur est entièrement à restaurer. Le prix, négociable permettrait d'effectuer les travaux et d'en faire une très jolie maison à notre goût. La toiture, les doubles vitrages, les volets électriques sont récents. La plage des Petites Dalles est toute proche, accessible à pied ou en vélo... Mais l'environnement n'est pas très séduisant, des bâtiments industriels, une maison de retraite très vilaine... et le jardin est très petit. 


Maison à Sassetot le Mauconduit


Nous prenons le temps de nous rendre jusqu'aux Grandes Dalles afin d'en découvrir les falaises et de prendre un bol d'air marin. 


Les Grandes Dalles


Nous reprenons notre route en direction de Brémontier-Merval dans le Pays de Bray, beaucoup plus à l'intérieur des terres, une région que je connais bien puisque nous y avons vécu avec Rémy et les enfants et j'y ai travaillé plusieurs années. Nous avons rendez-vous à midi pour visiter un ensemble de deux maisons normandes habitables de suite même si quelques travaux de rafraîchissement intérieur et sur les façades sont à prévoir. Un ensemble qui nous séduit beaucoup car nous pourrions habiter une des maisons et conserver l'autre comme maison d'amis. Un revenu supplémentaire est aussi possible dans cette configuration, ce qui n'est pas négligeable avec nos nouveaux statuts de retraités ! Mais nous sommes plus loin de la mer et il nous faut trouver le moyen d'installer une buanderie. Cet ensemble possède un beau terrain qui doit être fort agréable l'été, mais se trouve dans un secteur très rural et agricole, assez éloigné des premiers commerces. 


Ensemble immobilier à Brémontier-Merval


Après cette visite fort intéressante, nous nous rendons dans le joli village de Lyons-la-Forêt, classé parmi les plus beaux villages de France qui nous ramène plusieurs années en arrière ! Les quelques  restaurants ouverts en cette saison sont complets et nous nous contentons d'un sandwich chaud dans un café. 
  
Lyons la Forêt. Ancien relais



Lyons la Forêt

 

Nous reprenons la route de Dieppe et nous nous arrêtons un petit moment à Forges les Eaux ... Encore une étape-souvenir ... 


Forges-les-Eaux

Nous sommes de retour à Pourville-sur-Mer à la tombée de la nuit.  



Lundi 11 novembre :  Enfin une grasse matinée au cours de ce séjour marathon ! Nous n'avons rendez-vous qu'à 14 h 30 avec un agent immobilier qui a accepté de nous faire visiter deux maisons en ce jour férié.  Nous avons le temps de faire un peu de tourisme et nous allons faire un tour le long de la plage de Pourville sur Mer. Disparues les jolies cabanes de plage, et disparue la plage en cette saison ! Les galets repoussés par la mer recouvrent tout, les épis, les escaliers d'accès à la plage et parviennent même à passer au-dessus des parapets... Aucun doute, la mer grignote petit à petit le trait de côte ! 


Pourville-sur-Mer

Pourville-sur-Mer

C'est la tempête, le vent est pénétrant. Les accalmies entre deux averses de pluie et de grêle sont courtes ! 

Nous nous rendons à Berville en Caux pour une première visite, une longère normande restaurée mais peu adaptée à nos besoins. Nous effectuons une seconde visite dans la petite ville de Luneray, une belle maison de maître sur un beau terrain de plus de 3000 m2 qui possède un beau potentiel avec son grenier aménageable et sa dépendance à colombages qui pourrait devenir un studio indépendant après travaux. La maison est habitable de suite mais nous referions la décoration intérieure si nous devions l'acheter. La situation est idéale, à 9 km de Saint-Aubin-sur-Mer et à deux pas des commerces de Luneray. Un grand hangar peut abriter plusieurs voitures et même un camping car. 


Maison à Luneray


Notre après midi se termine dans un petit café de Quiberville dans lequel nous débriefons de cette seconde visite. La maison présente vraiment beaucoup d'intérêt. Jp la trouve très intéressante. Je suis plus dubitative car les travaux risquent d'exploser notre budget et je n'aime pas les carrelages vieillots du rez-de-chaussée. 
Nous rentrons dans notre gîte, nous réajustons nos tableaux et nous sommes bien conscients qu'aucune maison ne correspondra à nos 36 critères.  




Mardi 12 novembre: Notre marathon se poursuit ce matin avec la visite de deux maisons en location. Il nous faut impérativement un toit avant le 15 janvier, il est donc plus prudent de prendre une location qui nous permettra de continuer à prospecter sans devoir choisir une maison dans l'urgence.ou de réaliser les travaux d'une maison à rénover. Certes, cela va nous obliger à déménager deux fois, mais nous n'avons guère d'autre solution ! 
Nous visitons une première maison en briques à Berville en Caux, complètement rénovée dans un style contemporain qui ne correspond pas vraiment à nos goûts mais qui a le mérite d'être en parfait état. 
Nous nous rendons tout de suite après à Auffay pour visiter une maison située dans un grand domaine qui comprend un château-manoir et trois maisons en location. Le lieu est absolument superbe et la maison, également en briques, n'est pas en aussi bon état que la précédente mais elle est plus grande et a beaucoup plus de charme... Nous nous y projetons beaucoup plus même si ce n'est que pour quelques mois... Reste à savoir si  le propriétaire acceptera que nous ne prenions la maison qu'en janvier. 


Maison à louer à Auffay

Le manoir à Auffay


De retour dans la petite ville d'Auffay qui nous parait assez sympathique, nous nous offrons une rapide pause déjeuner avant de nous rendre à notre rendez-vous de l'après-midi au Petit-Appeville, à Hautot-sur-Mer. Nous rencontrons un agent immobilier dont l'épouse est en fin de vie et nous ne pouvons qu'admirer son courage face à cette douloureuse épreuve. Il essaie de garder le moral et son travail semble l'y aider. 
Nous visitons une très jolie longère, bien restaurée qui bien qu'annoncée négociable, reste au-dessus de notre budget.


Maison au Petit-Appeville

Nous nous rendons ensuite à Gouchaupré pour visiter une belle propriété dont le descriptif et les photos m'avaient beaucoup plu. La maison possède effectivement beaucoup d'atouts, une belle allée menant à la maison, une grande et belle véranda, un salon d'hiver, une très spacieuse cuisine équipée, de très grands espaces de vie... Et à l'étage, un vrai labyrinthe avec 5 chambres, plusieurs salles de bains, plusieurs WC et dans le prolongement, accessible depuis la maison, un gîte indépendant aménagé... Sans oublier un grand sous-sol, un double garage... Le prix est raisonnable mais la maison nous paraît gigantesque et difficile à chauffer. De plus il nous faudrait procéder à de nombreux petits travaux pour la décorer à notre goût, ce qui exploserait notre budget. 


Maison à Gouchaupré


Maison à Gouchaupré



Nous ne donnerons pas suite à notre troisième visite d'une grande longère, toujours à Gouchaupré qui ne présente aucun charme à l'intérieur.  

Quelques courses avant de regagner avec plaisir notre gîte de Pourville car la journée a été froide et très pluvieuse. 





Mercredi 13 novembre: Toujours pas de grasse matinée aujourd'hui car nous avons rendez-vous à 9h30 à Offranville, tout près de Pourville sur Mer,  où nous visitons une belle longère pour laquelle nous avons tous les deux un vrai coup de cœur,  un sol en tomettes anciennes splendide, un espace de vie très chaleureux dans lequel nous nous projetons tout à fait, une maison entretenue avec beaucoup de soin... 


Maison  à Offranville


Maison  à Offranville



L'étage est hélas un peu trop petit avec des chambres en enfilade et une chambre parentale avec salle de douche et WC à l'intérieur même de la pièce. La buanderie est très petite et il n'y a ni sous sol, ni garage, ni dépendances, seulement deux petites cabanes de jardin qui servent l'une d'atelier et l'autre de stockage pour les meubles de jardin et le tracteur. Par contre le terrain est superbe, bien entretenu et les propriétaires actuels y ont fait installé un kiosque anglais chauffé très agréable avec une belle banquette arrondie, garnie de coussins et une table pour des repas bien à l'abri.  


Maison  à Offranville


Nous nous rendons tout de suite après à Doudeville, un peu plus loin de la mer, à environ 25 minutes de Veules les Roses afin de découvrir une autre belle longère normande de construction plus récente mais comportant des matériaux à l'ancienne. La maison est tout à fait charmante et possède également de très jolies tomettes. Elle est plus grande que la précédente (175 m2) et comprend un sous-sol total. Par contre l'assainissement n'est pas aux normes et un rafraîchissement dans les chambres et la cuisine est à envisager mais le prix le permet. Le jardin est plus petit mais très bien entretenu. Seuls l'environnement (un Gam vert et un silo à grains, à environ 200 mètres de là)  et la route assez proche nous font hésiter mais la maison est très intéressante et nous allons devoir nous décider très vite ! 



Maison  à Doudeville


Nous rentrons déjeuner au gîte et en attendant de franchir un pas décisif, nous honorons notre rendez-vous de 13h30 pour la visite de trois biens. 

Le premier se trouve à deux pas de notre gîte, à Hautot-sur-Mer, un ensemble de deux bâtiments dont l'état et la configuration ne nous conviennent pas. 
Nous nous rendons ensuite dans le Pays de Bray à Saint-Hellier afin de visiter une maison récente, très peu séduisante à l'extérieur mais qui possède de beaux volumes, une piscine couverte et chauffée,une grande véranda, une belle pièce de vie et 4 à 5 chambres. Mais les matériaux utilisés ne sont pas de très bonne qualité, les finitions pas toujours très soignées et la maison se trouve au carrefour de deux routes que l'on entend bien. 

La troisième visite est beaucoup plus intéressante, il s'agit d'une petite longère de caractère avec des volumes hélas un peu petits, et d'un gîte aménagé et équipé en très bon état, au-dessus du double garage. Le terrain est en partie boisé. La route passe juste derrière la maison et si la circulation n'est pas très dense, il y passe toutefois de gros tracteurs. 


Maison à Douvrend
   
Maison à Douvrend



Maison à Douvrend


Il nous reste à rentrer et à débriefer sur les trois biens qui nous ont aujourd'hui séduits. Fait-on une offre sur la maison de Doudeville ?  Poursuit-on nos visites ? Cruel dilemme ! 


dimanche 29 septembre 2019

Nos parents vieillissent (suite). Février à mai 2019


Le temps a encore beaucoup filé et je n'avais guère pris le temps de terminer mon article précédent que je viens seulement de publier.

Les événements des derniers mois se sont beaucoup précipités et nos séjours en région parisienne se sont multipliés et ne nous ont guère laissé beaucoup de loisirs. Heureusement, nous avons pu nous offrir quelques jolies escapades entre deux séjours parisiens car il faut absolument continuer à profiter de notre vie tant que notre santé le permet ! 

Après le rendez-vous avec le médecin de l'accueil de jour qui nous avait laissés très désemparés, mes frère et sœur et moi, Didier a fini par convaincre Papa de se rendre une journée par semaine en accueil de jour. 
Une première journée a donc été programmée et je me suis rendue sur place pour le cas où cette journée se passerait mal car il me faudrait alors aller le rechercher. 
Papa est donc parti vers 8h30 avec un chauffeur de l'accueil de jour... Il s'était levé à 2h du matin !! pour être sûr d'avoir le temps de faire sa toilette et de prendre son petit déjeuner. Je suis restée avec Maman toute la journée et Papa est rentré vers 16h30, ravi de sa journée en disant "Ils ont été contents de moi et ils veulent que je revienne"



Nous avons poussé un grand Ouf de soulagement, Maman et moi et j'ai aussitôt informé mes frère et sœur de cette bonne nouvelle ! 

Quelques semaines se sont ensuite écoulées. Papa s'est rendu chaque mardi à sa journée d'accueil de jour en se levant toujours très tôt, vers 1h ou 2h du matin. Maman appréciait cette journée au cours de laquelle elle pouvait vraiment se reposer et elle aurait souhaité qu'une seconde journée soit mise en place. Nous avons essayé en vain de convaincre Papa qui s'est mis très en colère en disant qu'il refusait catégoriquement d'y aller plus souvent , qu'il s'y ennuyait, qu'il mangeait toujours la même chose...

Dans le même temps, Didier et Catherine ont tenté de mettre en place le portage des repas mais la livraison s'effectuait à 8h30 du matin ce qui posait beaucoup de problèmes car Maman n'était pas levée à cette heure là et Papa n'entendait pas toujours la sonnette !



Il continuait à tomber plusieurs fois par semaine, à la maison ou dans la rue et il a été transporté à plusieurs reprises aux urgences. Un matin où le livreur de repas n'a pas eu de réponse à ses coups de sonnette, il a téléphoné à Catherine qui a immédiatement appelé mes parents. Papa qui n'avait rien  entendu lui a dit qu'il allait aussitôt ouvrir et réceptionner la commande. Mais il n'est pas venu, Catherine a donc proposé au livreur de déposer les repas chez Annick, la voisine d'en face.  
Annick, qui heureusement a la clef de mes parents est rentrée dans la maison et elle a eu très peur car elle a découvert papa étendu dans la cuisine. Il avait encore fait une chute. Maman, quant à elle n'avait rien entendu. 

Quelques jours plus tard, le 7 avril, Papa a fait une énième chute dans la rue et les pompiers l'ont une énième fois transporté aux urgences de l'hôpital d'Argenteuil. Il s'était encore une fois ouvert la tête. 


Nous étions à ce moment en Charente Maritime et Didier et Catherine se sont rendus immédiatement sur place. Ils ont trouvé Papa fort mal en point et nous ont fait un long compte rendu. Il a été décidé avec l'assistante sociale de ne pas le renvoyer à la maison mais de le transférer en gériatrie, le temps de prendre une décision le concernant. 

A peine rentrés de Charente Maritime, nous avons convenu de nous réunir très vite, mes frère et sœur et moi afin de décider de la suite. Je n'étais jusqu'à présent pas très favorable à un placement en EHPAD, convaincue que le maintien à domicile avec un maximum d'aides était la meilleure solution. Le problème était que Maman s'opposait catégoriquement à une augmentation des aides à domicile et qu'à ce stade, il aurait fallu de l'aide pratiquement jour et nuit, ce qui financièrement parlant, n’était guère envisageable ! 
Nous étions donc dans une impasse ! 



Christine nous a rejoints à Vichy et nous avons passé une journée entière à visiter des EHPAD et des résidences senior sur place, Vichy nous paraissant être une solution moins coûteuse que la région parisienne et  centrale par rapport à nos lieux de résidence respectifs. 
Puis nous sommes partis ensemble pour la région parisienne rejoindre Didier et Catherine. Une semaine très chargée entre visites à l'hôpital, visites chez Maman, qui s'est trouvée étonnamment très désemparée à l'idée que le retour de Papa à la maison soit de plus en plus improbable, démarches administratives, visites d'EHPAD dans le Val d'Oise et discussions parfois assez houleuses entre nous car il n'est pas facile de prendre une telle décision... 

Martine, Didier et Christine à Heblay


Dans le même temps, nous avons vu les capacités cognitives et l'autonomie de Papa diminuer beaucoup pendant son séjour à l'hôpital. Moins de communication, désorientation dans l'espace et dans le temps... Il a été déplacé dans une chambre à deux car les chambres individuelles sont réservées pour les personnes en fin de vie ! 

Papa et Maman. Hôpital d'Argenteuil

Papa et Christine. Hôpital d'Argenteuil

Papa et Maman. Hôpital d'Argenteuil

Didier et Jp animent l'Hôpital d'Argenteuil

Il était donc urgent de choisir un établissement dans lequel il serait mieux qu'à l'hôpital. Didier n'avait pas envie de le faire transférer en soins de suite.  
Dans l'urgence, nous avons choisi de monter un dossier pour un EHPAD à Herblay, tout près de chez Didier et Catherine, un établissement qui nous a paru très bien, mais d'un coût très élevé. 

Il nous a donc fallu examiner les capacités financières de mes parents à faire face à cette dépense, faire appel à leur épargne en sachant qu'à un moment donné la vente de la maison serait à envisager !  Une démarche qui nous a obligées ma sœur et moi à nous immiscer dans les comptes et les papiers de Maman, ce qui a occasionné beaucoup de tension et de résistance de sa part car elle a eu le sentiment que nous voulions prendre le contrôle sur sa vie. Elle était persuadée que nous voulions la placer elle aussi en maison de retraite.  Il a fallu aussi réunir les pièces pour monter un dossier APA établissement pour Papa, un dossier APA à domicile pour Maman, se renseigner pour faire fonctionner l'assurance dépendance que mes parents avaient souscrit il y a bien des années... 

Après divers rendez-vous avec l'équipe médicale du service gériatrie de l'hôpital, l'assistante sociale, la directrice de l'EHPAD d'Herblay, le médecin généraliste..., le dossier d'entrée en EHPAD a été validé. La sortie a pris plus de temps que prévu car Papa avait attrapé entre temps une pneumopathie virale et il avait de la fièvre. 

L'entrée de Papa à la résidence n'a été effective que le 29 avril après plus de 3 semaines d'hospitalisation. Nous avions choisi une belle chambre, au rez-de-chaussée donnant sur le jardin. Comme nous étions entre temps repartis à Vichy, c'est Didier et Catherine qui se sont occupés de l'installer dans sa chambre, lui ont acheté une télé, un bureau, lui ont apporté sa lampe de chevet et quelques photos ainsi que son trousseau qu'il a fallu marquer à son nom. C'est encore Catherine qui s'en est chargée. 

Huit jours plus tard, nous sommes revenus pour fêter les 90 ans de Papa à la maison de retraite. J'ai entre temps sélectionné des photos pour lui offrir deux grands cadres-souvenirs et lui faire accrocher dans sa chambre.

8 mai 2019. 90 ans Papa. Cadre-souvenir numéro 1

8 mai 2019. 90 ans Papa. Cadre-souvenir numéro 2.
Les enfants, les petits enfants et le premier arrière petit-fils


 J'ai également réalisé un PowerPoint à lui passer lors de la petite réception familiale organisée dans une salle dédiée à cet usage.  

8 mai 2019. 90 ans Papa. Papa et Maman à la maison de retraite
   
8 mai 2019. 90 ans Papa à la maison de retraite

8 mai 2019. 90 ans Papa à la maison de retraite


8 mai 2019. 90 ans Papa à la maison de rtraite

8 mai 2019. 90 ans Papa à la maison de retraite. Papa, Didier, Joffrey 

8 mai 2019. 90 ans Papa à la maison de retraite. Papa et Maman

8 mai 2019. 90 ans Papa. Martine, Florent, Sonia, Matthieu, Didier, Joffrey, Catherine, Papa et Maman



A l'issue de cette semaine en région parisienne, nous nous apprêtions à repartir après une visite au zoo de Thoiry avec Pierre-Yves, Nolwenn et leurs deux petites filles, lorsque nous avons appris que la Maman de Jp venait d'être conduite aux Urgences suite à une dégradation de son état. Nous l'avions vue à Domont le dimanche avec Edouard et Pierre-Yves et nous ne l'avions pas trouvée bien du tout, elle souffrait énormément de son dos, de ses hanches... 

Nous avons donc fait demi-tour et nous nous sommes rendus aux urgences de l'hôpital de Gonesse où Jp a passé la nuit presque entière ! Nous avions pris soin de réserver une chambre à proximité de l'hôpital. Finalement, l'hôpital de Gonesse ne pouvait pas la garder et elle est rentrée chez elle au petit matin. Nous sommes repassés le lendemain à Domont pour organiser son retour à la maison, refaire le point sur les aides à domicile, trouver un nouveau médecin traitant, prendre un RV pour un scanner... 

La suite au prochain épisode... car l'aventure est loin d'être terminée ! 

Nos parents vieillissent (suite). Janvier 2019

Après être passée par la case "réparations", il me restait un reliquat de congés et un crédit épargne temps ! Et au 1er septembre j'ai changé définitivement de statut en devenant "retraitée". Cela fait tout drôle de le dire et encore plus de l'écrire. Me voici à une nouvelle étape de la vie !
Les missions de la poste étant aujourd'hui plutôt financières,  c'est à la supérette du quartier que j'ai été invitée à retirer le recommandé de mon solde de tout compte à notre retour de congés !  J'ai eu droit de ce fait à un petit bouquet de la part du gérant qui m'a fait chaud au cœur.  




Et depuis le mois de septembre, le temps a filé filé, entre quelques petites escapades suivies ou précédées de plusieurs séjours en région parisienne pour raisons familiales et nous occuper de nos parents, principalement les miens : Conclusion du bilan gériatrique de mon père, montage du dossier APA qui ne fut pas une mince affaire, courses, RV médicaux ou chez les audioprothésistes, recherche d'un centre d'accueil de jour,  concertation avec mes frère et sœur, mise en place de la téléassistance... et j'en passe... Car si mes parents, tout comme les parents de Jp ont la chance d'être toujours ensemble, la situation devient de jour en jour de plus en plus compliquée !  




 Et dans cette situation, nous nous trouvons, nous les enfants très démunis face au refus de nos parents des diverses propositions que nous pouvons leur faire. 
Les capacités cognitives de mon père se dégradent de jour en jour : il ne cesse de chuter chez lui ou dans la rue, nous ne comptons plus les interventions des pompiers ou des voisins... il se repère de plus en plus difficilement dans le temps, il est capable de se lever à 1h ou 2h du matin pour un rendez-vous à 9h ou 10h. Il  peut sortir en pleine nuit pour se rendre à un rendez-vous. Il se relève à 23h ou minuit pour faire sa soupe, il déclenche l'alarme sans savoir l'arrêter. Il oublie de fermer le gaz. Il peut mettre la table à 9h du matin pour le déjeuner du midi. Il casse et ne sait plus rien réparer. Il est impatient de tout et a sans cesse des idées fixes. Il ne peut plus suivre une conversation... Et j'en passe ! 




Nous nous sommes donc réunis tous les trois mercredi dernier pour nous rendre avec mon père au rendez-vous d'un centre qui propose l'accueil de jour. Nous avons eu l'impression d'effectuer la pré-rentrée d'un enfant à la crèche ou à l'école maternelle. Nous sommes volontairement arrivés à l'avance afin de visiter le centre. Papa a été immédiatement intégré à l'activité en cours , un exercice de mémoire et nous sommes restés tous les trois en retrait de façon à l'écouter parler sans montrer notre présence. Il a participé mais il s'est vite lassé... La psychomotricienne, une jeune femme charmante l'a pris par le bras pour lui faire visiter le petit parc en attendant l'arrivée du médecin.  
Dés le début de l'entretien avec le médecin, son comportement a changé, il ne voulait ni écouter ni rester assis, il a dit qu'il était là car son épouse voulait se débarrasser de lui  alors que son seul souhait était d être chez lui et il a voulu partir sur le champ sans nous laisser continuer à nous entretenir avec le médecin. Il s'est comporté comme un enfant qui fait un gros caprice ! 

Bref, nous sommes rentrés bien découragés et très désemparés. Nous ne savons plus quoi faire et maman n'en peut plus de devoir gérer cette situation au quotidien  ! 



lundi 25 juin 2018

Un clafoutis au tomates cerises (Véronique De Bure)

Depuis quelques années, les cadeaux que je fais le plus à mes parents et surtout à Maman, ce sont des livres... La lecture, bien confortablement installée au fond de son lit, à l'abri des petites manies de Papa, est l'un des plaisirs dont elle profite encore !   
Je recherche des romans de terroir, des romans dont l'histoire se déroule parfois pendant la guerre, l'occupation, l'exode... Je demande conseil aux libraires, d'où l'intérêt de sauvegarder les librairies ! Ce n'est pas sur Amazon que je trouverais ce service ! 
Dernièrement, j'ai offert à Maman "Un clafoutis aux tomates cerises" de Véronique de Bure... Elle a adoré. Et comme le plus souvent, Maman me prête le livre pour que je le lise, je viens à mon tour de le dévorer !  




"Un clafoutis aux tomates cerises", c'est le journal que tient Jeanne, pendant un an, du printemps de ses 90 ans à la fin de l'hiver des ses 91 ans.  Maman, qui a 88 ans, s'est retrouvée dans ce personnage de Jeanne qui en racontant son quotidien, se souvient de son enfance et de son adolescence pendant l'occupation, évoque ses joies, ses peines, ses regrets. 



Sans se plaindre et sans amertume, Jeanne raconte comment elle sent ses forces l'abandonner petit à petit, comment elle se détache des problèmes du monde, de son évolution qu'elle ne comprend plus beaucoup, comment son univers semple se rétrécir au fil des jours et ne lui faire aspirer qu'à des moments de sérénité face à une tasse de thé brûlant dans son jardin, avec ses mots croisés ou devant un petit verre avec ses fidèles amies qui hélas avec le temps lui font de plus en plus défaut.



Jeanne exprime aussi à quel point les fêtes de famille lui sont de plus en plus difficiles à vivre. Les repas qui s'éternisent, le brouhaha des conversations dont elle ne suit plus le fil et le désordre qui s'installe dans sa maison ! Elle n'aspire alors qu'à retrouver son lit !  

Et le progrès avec tous ces outils modernes auxquels elle ne comprend rien et qu'elle n'a pas envie de comprendre: le GPS, le téléphone portable, Internet... Comme je retrouve ici Maman ou la Maman de Jp qui sont complètement dépassées par tout cela. Maman a un téléphone portable, le plus simple possible, elle lit les SMS (qui la rassurent lorsque nous sommes sur la route) mais ne sait pas répondre ou écouter un message vocal... Pas question de lui proposer un smartphone, ce serait trop compliqué !  Difficile pour elle de concevoir qu'avec Google, on puisse retrouver une personne ! Ou qu'avec Facebook, on puisse voir des photos de ses petits enfants et de leurs compagnes ou compagnons... Alors une tablette ou un ordinateur portable, nous y avions songé à un moment, mais c'est vraiment trop compliqué ! 





La Maman de Jean-Paul a reçu en cadeau, il y a quelques années, une tablette de la part de Marie, sa plus jeune fille, qui lui a installé Facebook. Il a fallu fermer le compte car elle pensait que tous les messages qui apparaissaient sur sa page d'accueil lui étaient destinés et elle le vivait très mal ! 

Pour conclure, un roman très bien écrit, plein d'humour et d'émotion qui m'aide à comprendre que nos parents perdent petit à petit leurs forces, que pour eux le moindre déplacement est une épreuve, que recevoir trop de monde à la fois, n'est plus un plaisir pour eux... Mais qu'il faut avec les années qui avancent, conserver des petits plaisirs quotidiens même si ceux-ci peuvent paraître dérisoires !  Et puis, cerise sur le gâteau (et non pas tomate cerise), l'histoire se déroule dans l'Allier, à deux pas de chez nous... et un peu à Vichy !  Je vais aussi l'offrir à la Maman de Jp qui semble reprendre goût à la lecture après un épisode bien sombre ! 

samedi 23 juin 2018

Nos parents vieillissent (suite)

Didier, mon frère partant en vacances, Jp partant 8 jours sur un salon en Allemagne, j'ai loué un logement Airbnb tout près de chez mes parents pour les aider dans leur quotidien (courses, présence, RV médicaux...)
Depuis que Papa a fait plusieurs AVC consécutifs, il ne peut plus conduire, il a du mal à se déplacer, il tombe très souvent et tout devient compliqué. 
Maman est très fatiguée depuis ses propres problèmes de santé et a beaucoup de mal à vivre au quotidien les difficultés de papa, elle s'inquiète lorsqu'il part faire des courses, elle a toujours peur qu'il tombe...


 Il faut dire qu'elle l'a retrouvé plusieurs fois à terre, blessé... Les pompiers ont dû intervenir à plusieurs reprises.  


De plus, la discussion entre eux est devenue pratiquement impossible. Le journée de Papa est rythmée par les horaires des repas qui ont besoin d'être respectés à la lettre. Il semble qu'il soit heureux ainsi à condition que rien ne vienne perturber son petit rythme de vie. Le moindre changement, la moindre difficulté, aussi anodins qu'ils soient, le perturbe et il en fait une idée fixe. 



Cela va de la non réception de son Télé 7 jours, aux problèmes de parasols du jardin en passant par l'éphéméride de l'année à venir qu'il ne s'est pas encore procuré, le jardinier qui n'est pas venu, la pelouse qu'il doit tondre, le pain qu'il doit aller acheter... 

Le neurologue, consulté il y a bientôt un an nous a dit qu'il fallait envisager au plus vite une aide à domicile quotidienne mais Maman s'y refuse. Elle a envie d'être tranquille chez elle et elle a eu bien du mal à accepter une femme de ménage deux fois par semaine.   

Alors Didier consacre beaucoup de son temps à s'occuper d'eux car moi et Christine, ma soeur, nous sommes loin, mais parfois il nous appelle à l'aide car ce n'est pas facile. Papa est très exigeant, il ne peut plus se rendre seul à un rendez-vous chez l'opticien, l'audioprothésiste, le cardiologue...  Il réclame de l'aide dès que quelque chose ne fonctionne plus (antenne télé, réfrigérateur, lave-vaisselle...), il devient très maladroit et casse beaucoup, il ne se souvient plus du fonctionnement des appareils les plus simples... 

Alors, dès que nous le pouvons, nous tentons de le relayer. 

Le bilan de la semaine dernière me laisse très dubitative et inquiète. J'ai été contente de passer un peu de temps auprès de mes parents mais il faut batailler pour tout. J'ai dû faire le forcing pour que Maman aille passer une radio de la hanche (elle souffre beaucoup depuis qu'elle a dû relever Papa lors d'une récente chute !). Nous avons attendu près de deux heures les résultats !  J'ai dès le début de la semaine pris rendez-vous chez leurs audioprothésistes respectifs et n'ai pu obtenir des plages que le vendredi et encore pas dans le centre habituel pour Papa ! 




Je réalise que toutes ces démarches pour des personnes de cet âge sont impossibles sans une aide extérieure ! J'ai dû emmené Papa chez Audika à Enghien pour que l'on me dise qu'un bilan auditif n'était pas possible car Papa avait un bouchon dans une oreille. Il fallait prendre Rendez-vous chez un ORL. Evidemment, les délais pour obtenir ce rendez-vous sont très longs et papa ne peut pas y aller seul. 




L'après-midi, j'ai emmené Maman chez Grand Audition. Nous sommes restées deux heures sans que le réglage de ses appareils ait pu être réalisé, en raison d'un bug informatique ! Il fallait revenir le lendemain matin ! 




Je pensais rentrer assez tôt pour accompagner Papa chez son médecin généraliste qui ne reçoit pas sur rendez-vous mais lors de ses permanences... Mais il était trop tard !   J'ai demandé à Papa de se rendre le mardi suivant seul chez son médecin pour faire enlever son bouchon, ce qu'il a fait... Mais il a attendu de 13h à 17h ... Je trouve cela honteux de faire attendre un Monsieur âgé de 89 ans, qui a des séquelles suite à des AVC,  aussi longtemps, sans rendez-vous  ! Il a dû s'impatienter et le montrer. Résultat, son médecin lui a interdit de revenir seul en consultation. Il faut qu'un de ses enfants vienne avec lui. Facile !!! 






J'espérais au cours de cette semaine convaincre Maman de la nécessité d'avoir de l'aide extérieure,  mettre en place la livraison des repas... Mais c'est toujours un refus catégorique ! 










Nous sommes moi, mon frère et ma soeur bien désemparés mais nous n'avons à ce jour pas de solution ! Dans le même temps les parents de Jp ont également besoin de plus en plus d'aide ...  Heureusement, ils sont sept enfants dont plusieurs en région parisienne ! 

mardi 15 mai 2018

Nos parents vieillissent

Comme je l'ai déjà évoqué, nous avons la chance d'avoir nos quatre parents mais ils ont tous les quatre dépassé les 85 ans et nous sommes entrés dans une période très compliquée... 

Un peu de musique pour accompagner cet épisode de notre vie: 





Notre vie personnelle et professionnelle nous a éloignés de la région parisienne et donc de nos parents et si ces dernières années, nous avons pu nous évader assez souvent à travers la France et le monde, nos escapades actuelles nous ramènent le plus souvent auprès de nos parents qui ont besoin de présence, ce qui est bien normal, mais aussi de plus en plus d'aide ! 

Papa 1953
Papa vient de fêter ses 89 ans. Suite à plusieurs AVC, il a perdu beaucoup de son autonomie, tant du point de vue physique que cognitif. Il n'a plus d'équilibre, il fait de nombreuses chutes, a du mal à trouver ses mots, il ne sait plus faire fonctionner les appareils tels que l'alarme... Le moindre dysfonctionnement dans la maison est tout de suite un problème car il est tout perdu !  Et pourtant il y a encore quelques années, il était toujours prêt à nous aider dans nos déménagements respectifs et dans nos travaux de décoration... C'est très difficile de voir nos parents perdre petit à petit leurs capacités ! 

Mais Papa ne veut surtout pas aller en maison de retraite (et je le comprends !), il veut rester dans sa maison  dans laquelle, malgré ses difficultés, il vaque à ses occupations, entre son bureau, le sous sol, son jardin qu'il essaie d'entretenir au mieux en fonction de ses possibilités, le séjour, la cuisine, car les repas sont pour lui très importants et rythment sa vie !  Tous les matins, il part faire quelques courses à pied car il ne peut plus conduire depuis ses AVC, lui qui a parcouru la France entière dans le cadre de son activité professionnelle ! 
Depuis quelques jours, cela devient toutefois encore plus compliqué, il semble ne plus tenir sur ses jambes et des voisins ont dû à plusieurs reprises l'aider à rentrer à la maison.    




Maman 1953
Maman a 88 ans, elle a été opérée d'un cancer du sein en octobre 2016. Elle est très fatiguée, ses articulations la font beaucoup souffrir et elle se sent très lasse ! La dégradation physique et cognitive de papa lui est difficile à vivre. Elles est toujours inquiète, a toujours peur qu'il tombe, ne sait pas le relever lorsque cela se produit et les conversations entre eux ne sont guère plus possibles. Elle se réfugie plusieurs heures dans la journée au fond de son lit et n'a plus le courage de sortir, même pour se rendre chez le coiffeur ou chez le médecin ! Il n'y a plus que les visites de ses enfants ou de ses petits enfants qui lui redonnent un peu de gaieté et lui permettent de discuter. 
Toutefois Maman refuse à ce jour de l'aide extérieure (aide à domicile, portage de repas). Nous avons eu un mal, fou à lui faire accepter de l'aide 2 fois par semaine pour du ménage et du repassage. 




Mes parents. Août 2017

Heureusement Didier, mon frère habite à proximité et leur apporte beaucoup son aide (courses, petites réparations, présence...) mais il est toujours en activité et cela devient lourd pour lui. Il aurait vraiment besoin de se décharger plus souvent sur ses deux sœurs qui hélas habitent loin ! 

Je viens de louer un appartement airbnb à proximité de chez mes parents pour  8 jours au mois de juin et je vais faire mon possible pour leur faire accepter des solutions afin d'améliorer leur moral et leur quotidien. Mais je sais que cela sera très difficile ! 



Comme je le disais plus haut, nous avons la chance d'avoir nos quatre parents et les parents de Jp sont tout aussi âgés et ont aussi eu ces dernières années de gros soucis de santé. Nos weekends parisiens sont donc partagés entre nos deux couples de parents sans oublier dans la mesure du possible la visite à nos enfants... qui heureusement se joignent souvent à nous lors de nos visites à nos parents.



Paul, le papa de Jean-Paul,
dans les années 1950



Paul, le Papa de Jean-Paul vient de fêter ses 88 ans. Il a été opéré il y a environ 15 ans d'un cancer de l'intestin et il s'en est très bien remis. l'année dernière, il a subi une intervention suite à un anévrisme. Il a également des problèmes de prostate fréquents à son âge.
C'est un homme très dynamique qui s'occupe encore du club de rugby de sa commune, mais il est de plus en plus fatigué et semble parfois proche de la dépression. Il a rapidement la larme à l’œil. Il s'inquiète aussi beaucoup pour son épouse. Lui non plus n'est pas du tout enclin à accepter de l'aide extérieure. 











Jeannine, la maman de Jean-Paul, jeune fille
Jeannine, la Maman de Jean-Paul a 85 ans. Elle s'est fracturée le col du fémur il y a un peu moins de deux ans et est restée près de deux mois à l'hôpital suite à cette fracture. Depuis elle ne s'est jamais vraiment remise et elle a beaucoup de mal à se déplacer. 
Après avoir élevé ses 7 enfants, elle s'était mise à la peinture, une activité qui lui a procuré beaucoup de plaisir pendant des années. Mais depuis son hospitalisation, elle n'a pas réussi à s'y remettre. 
Nous l'avons trouvée, au fil des mois,  de plus en plus inquiète et son état s'est rapidement aggravé au cours des trois dernières semaines (dépression, paranoïa), ce qui a conduit Paul, son mari à  la conduire à l'hôpital. Elle est  depuis bientôt deux semaines hospitalisée dans un hôpital gériatrique et le diagnostic non encore officiellement confirmé car elle doit passer une IRM du cerveau, serait qu'elle aurait une maladie dégénérative de type Alzheimer. Une assistante sociale doit faire le point avec Paul et André, un des frères de Jean-Paul, qui heureusement n'habite pas loin de ses parents. 


Jeannine, Jean-Paul et Paul. 2010


Les nouvelles ne sont donc pas bonnes pour nos quatre parents et les semaines et les mois à venir ne vont pas être faciles ! Des déplacements de plus en plus fréquents en région parisienne vont être à prévoir et il nous faut nous armer de courage et de patience. 


La leçon à tirer est qu'il nous faut profiter de chaque moment de joie, qu'il nous faut relativiser les petits soucis sans importance du quotidien, éviter de nous accrocher pour des petits riens ... car les années passent vite, trop vite et que nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve ! 

Et je terminerai par la belle phrase d'Elsa triolet, écrivain résistante (1896-1970), vue la semaine dernière sur le pont qui franchit le Trieux à Pontrieux dans les Côtes d'Armor (une semaine bretonne parsemée de petits bonheurs !)

"On devrait toujours se voir comme des gens qui vont mourir le lendemain. C'est le temps qu'on croit avoir qui nous tue"

Pontrieux (Côtes d'Armor)

Une année bien perturbée. du 23 au 31 décembre 2020

Les douloureux événements de ces dernières semaines m'ont empêché de venir compléter mon blog,  je vais toutefois tenter de faire un rés...