mardi 15 mai 2018

Nos parents vieillissent

Comme je l'ai déjà évoqué, nous avons la chance d'avoir nos quatre parents mais ils ont tous les quatre dépassé les 85 ans et nous sommes entrés dans une période très compliquée... 

Un peu de musique pour accompagner cet épisode de notre vie: 





Notre vie personnelle et professionnelle nous a éloignés de la région parisienne et donc de nos parents et si ces dernières années, nous avons pu nous évader assez souvent à travers la France et le monde, nos escapades actuelles nous ramènent le plus souvent auprès de nos parents qui ont besoin de présence, ce qui est bien normal, mais aussi de plus en plus d'aide ! 

Papa 1953
Papa vient de fêter ses 89 ans. Suite à plusieurs AVC, il a perdu beaucoup de son autonomie, tant du point de vue physique que cognitif. Il n'a plus d'équilibre, il fait de nombreuses chutes, a du mal à trouver ses mots, il ne sait plus faire fonctionner les appareils tels que l'alarme... Le moindre dysfonctionnement dans la maison est tout de suite un problème car il est tout perdu !  Et pourtant il y a encore quelques années, il était toujours prêt à nous aider dans nos déménagements respectifs et dans nos travaux de décoration... C'est très difficile de voir nos parents perdre petit à petit leurs capacités ! 

Mais Papa ne veut surtout pas aller en maison de retraite (et je le comprends !), il veut rester dans sa maison  dans laquelle, malgré ses difficultés, il vaque à ses occupations, entre son bureau, le sous sol, son jardin qu'il essaie d'entretenir au mieux en fonction de ses possibilités, le séjour, la cuisine, car les repas sont pour lui très importants et rythment sa vie !  Tous les matins, il part faire quelques courses à pied car il ne peut plus conduire depuis ses AVC, lui qui a parcouru la France entière dans le cadre de son activité professionnelle ! 
Depuis quelques jours, cela devient toutefois encore plus compliqué, il semble ne plus tenir sur ses jambes et des voisins ont dû à plusieurs reprises l'aider à rentrer à la maison.    




Maman 1953
Maman a 88 ans, elle a été opérée d'un cancer du sein en octobre 2016. Elle est très fatiguée, ses articulations la font beaucoup souffrir et elle se sent très lasse ! La dégradation physique et cognitive de papa lui est difficile à vivre. Elles est toujours inquiète, a toujours peur qu'il tombe, ne sait pas le relever lorsque cela se produit et les conversations entre eux ne sont guère plus possibles. Elle se réfugie plusieurs heures dans la journée au fond de son lit et n'a plus le courage de sortir, même pour se rendre chez le coiffeur ou chez le médecin ! Il n'y a plus que les visites de ses enfants ou de ses petits enfants qui lui redonnent un peu de gaieté et lui permettent de discuter. 
Toutefois Maman refuse à ce jour de l'aide extérieure (aide à domicile, portage de repas). Nous avons eu un mal, fou à lui faire accepter de l'aide 2 fois par semaine pour du ménage et du repassage. 




Mes parents. Août 2017

Heureusement Didier, mon frère habite à proximité et leur apporte beaucoup son aide (courses, petites réparations, présence...) mais il est toujours en activité et cela devient lourd pour lui. Il aurait vraiment besoin de se décharger plus souvent sur ses deux sœurs qui hélas habitent loin ! 

Je viens de louer un appartement airbnb à proximité de chez mes parents pour  8 jours au mois de juin et je vais faire mon possible pour leur faire accepter des solutions afin d'améliorer leur moral et leur quotidien. Mais je sais que cela sera très difficile ! 



Comme je le disais plus haut, nous avons la chance d'avoir nos quatre parents et les parents de Jp sont tout aussi âgés et ont aussi eu ces dernières années de gros soucis de santé. Nos weekends parisiens sont donc partagés entre nos deux couples de parents sans oublier dans la mesure du possible la visite à nos enfants... qui heureusement se joignent souvent à nous lors de nos visites à nos parents.



Paul, le papa de Jean-Paul,
dans les années 1950



Paul, le Papa de Jean-Paul vient de fêter ses 88 ans. Il a été opéré il y a environ 15 ans d'un cancer de l'intestin et il s'en est très bien remis. l'année dernière, il a subi une intervention suite à un anévrisme. Il a également des problèmes de prostate fréquents à son âge.
C'est un homme très dynamique qui s'occupe encore du club de rugby de sa commune, mais il est de plus en plus fatigué et semble parfois proche de la dépression. Il a rapidement la larme à l’œil. Il s'inquiète aussi beaucoup pour son épouse. Lui non plus n'est pas du tout enclin à accepter de l'aide extérieure. 











Jeannine, la maman de Jean-Paul, jeune fille
Jeannine, la Maman de Jean-Paul a 85 ans. Elle s'est fracturée le col du fémur il y a un peu moins de deux ans et est restée près de deux mois à l'hôpital suite à cette fracture. Depuis elle ne s'est jamais vraiment remise et elle a beaucoup de mal à se déplacer. 
Après avoir élevé ses 7 enfants, elle s'était mise à la peinture, une activité qui lui a procuré beaucoup de plaisir pendant des années. Mais depuis son hospitalisation, elle n'a pas réussi à s'y remettre. 
Nous l'avons trouvée, au fil des mois,  de plus en plus inquiète et son état s'est rapidement aggravé au cours des trois dernières semaines (dépression, paranoïa), ce qui a conduit Paul, son mari à  la conduire à l'hôpital. Elle est  depuis bientôt deux semaines hospitalisée dans un hôpital gériatrique et le diagnostic non encore officiellement confirmé car elle doit passer une IRM du cerveau, serait qu'elle aurait une maladie dégénérative de type Alzheimer. Une assistante sociale doit faire le point avec Paul et André, un des frères de Jean-Paul, qui heureusement n'habite pas loin de ses parents. 


Jeannine, Jean-Paul et Paul. 2010


Les nouvelles ne sont donc pas bonnes pour nos quatre parents et les semaines et les mois à venir ne vont pas être faciles ! Des déplacements de plus en plus fréquents en région parisienne vont être à prévoir et il nous faut nous armer de courage et de patience. 


La leçon à tirer est qu'il nous faut profiter de chaque moment de joie, qu'il nous faut relativiser les petits soucis sans importance du quotidien, éviter de nous accrocher pour des petits riens ... car les années passent vite, trop vite et que nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve ! 

Et je terminerai par la belle phrase d'Elsa triolet, écrivain résistante (1896-1970), vue la semaine dernière sur le pont qui franchit le Trieux à Pontrieux dans les Côtes d'Armor (une semaine bretonne parsemée de petits bonheurs !)

"On devrait toujours se voir comme des gens qui vont mourir le lendemain. C'est le temps qu'on croit avoir qui nous tue"

Pontrieux (Côtes d'Armor)

vendredi 16 mars 2018

Les photos de mariage

Lorsque j'étais petite, nous nous rendions presque chaque dimanche chez mes grand-parents paternels à Houilles. J'adorais leur maison, la maison dans laquelle mon père et sa sœur avaient grandi.


Houilles. mes grand-parents paternels et moi

J'adorais les odeurs de leur maison, les deux chambres de l'étage, celles de mon père et de ma tante avec leur lits hauts et leur édredons en plume sous lesquels il était si agréable de se réfugier lorsqu'il faisait froid et en cas de terreurs nocturnes !  Il n' y avait que le poêle à charbon du séjour pour chauffer toute la maison ! Les chambres étaient donc bien froides !  J'adorais le jardin avec l'ancien poulailler tout au fond et la réserve de jouets... 


Houilles. Devant la maison de mes grand-parents. Mon cousin Patrick et moi

J'adorais aussi les tartines de pain recouvertes de fraises toutes fraîches du  potager de mon grand-père (celles que la tortue n'avait pas encore dévorées) et que nous dégustions avec délice au goûter.  J'adorais aussi, lorsque je séjournais quelques jours chez mes grand-parents, prendre mon bain dans la baignoire en zinc, remplie d'eau de pluie, si douce pour la peau !  J'adorais voir ma grand-mère préparer son fameux pâté de lapin, dont je n'ai jamais pu retrouver le goût si exquis plus tard ! Je me souviens de la tendresse et de la voix de mon grand-père, toujours vêtu de son bleu de travail et de son béret ! 

Devant la maison de mes grand-parents. Notre 403


Et puis j'adorais me rendre dans la chambre de mes grand-parents et regarder la photo de leur mariage. Je demandais toujours à ma grand-mère de me dire le nom de chaque personne. Elle me disait en même temps que plusieurs de ces personnes étaient déjà décédées et cela m'attristait beaucoup. J'ai commencé à cette époque à réaliser que la vie n'était pas éternelle et je me souviens comme si c'était hier, du sentiment que j'éprouvais alors ! 

Et puis le temps a passé, mes grand-parents ont vendu un jour leur maison pour partir dans le midi et je n'ai plus pendant longtemps revu la photo de leur mariage. Ils sont décédés tous deux alors que j'étais devenue maman. Lorsque j'étais enfant, cela m'était tout à fait impossible d'imaginer leur disparition ! Et un jour j'ai retrouvé chez mes parents leur photo de mariage que je n'avais jamais oubliée. j'en ai été fort émue et c'est douloureux de se se dire que plus une seule des personnes présentes sur la photo n'est encore en vie aujourd'hui . 


La photo de mariage de mes grand-parents paternels

Car, les vieilles photos jaunies sont bien la preuve que nous ne sommes que de passage sur terre. Les générations se succèdent et chacune laisse place à une autre ! L'enfance s'envole en ne laissant que quelques souvenirs d'odeurs, de saveurs et de tendresse... Mais quelle richesse ! 

Aujourd'hui, je me plonge avec délectation et nostalgie dans les albums de mon enfance, ceux que ma maman a soigneusement créés année après année  et que nous adorions consulter lorsque nous étions encore à la maison. J'ai suivi plus tard son exemple en rassemblant également toutes les photos de ma petite famille dans de nombreux albums. 

Et j'ai retrouvé la photo de groupe du mariage de mes parents, mariage qui s'est déroulé 27 ans après le mariage de mes grand-parents. Je m'aperçois avec stupeur que sur les 38 personnes présentes, plus de 23 personnes sont aujourd'hui probablement disparues à commencer bien sûr par mes quatre grand-parents assis de chaque côté de mes parents. Ainsi va la vie... 


La photo de mariage de mes parents


Et si je poursuis, 27 ans après le mariage de mes parents, ce fut mon premier mariage... et  je m'aperçois avec beaucoup de tristesse que 7 personnes présentes sur cette photo ont déjà disparu, à commencer par le marié, le papa de mes enfants ! 


Photo de groupe de mon premier mariage

La vie il faut la savourer et l'apprécier au quotidien, elle est courte, chaque journée est précieuse et se lever chaque matin est un cadeau inestimable !  Le souvenir de toutes les personnes avec qui nous avons fait un bout de chemin ne doit jamais nous abandonner ! 

mercredi 7 février 2018

Le dentiste, je déteste !

Avec les années qui défilent, après les articulations, ce sont les dents qui nous font des misères... et arrive le moment où l'on parle plus de sa santé que de ses autres projets ! Aïe, aïe, aïe... lorsque nous étions jeunes, nous avions tendance à nous moquer de nos aînés et de leurs petits bobos... Et nous y voilà ! 




Alors comme j'ai subi 5 interventions en 5 ans :  mes deux genoux, ma cheville et mes deux épaules,  pour mes dents, j'ai fait la sourde oreille, j'ai pris des anti-inflammatoires lorsque j'avais vraiment trop mal et j'ai attendu... certainement trop car le verdict à ce jour est sans appel...  

Le bridge posé avec tant de difficultés il y a quelques années ( le dentiste n'arrivait plus à me retirer la pâte à empreinte ) a fait son temps et sous les deux dents qui supportent le bridge il y a une infection qui a commencé à détruire l'os ... 




La dentiste consultée m'a prescrit une semaine d'antibiotiques et des bains de bouche avant de me redonner un RV pour enlever le bridge et effectuer un curetage !  Puis dans 5 à 6 mois, un ou plusieurs implants pourront être posés  (des implants qui valent une petite fortune !)


Je me rends avec beaucoup d'inquiétude à ce second rendez-vous. Je sais qu'il va falloir me réhabituer à vivre quelques mois avec plusieurs dents en moins et le curetage me fait très peur ! A peine arrivée au cabinet, la dentiste me dit : c'est pour l'extraction !  Comment ça l'extraction, on a parlé d'enlever le bridge, d'effectuer un curetage, pas d’extraire des dents ! 



La dentiste me répond alors qu'elle m'avait bien expliqué ce qu'elle allait me faire et que si je n'ai pas compris c'est que je ne voulais pas entendre !!! 
Désolée mais moi je ne suis pas dentiste et si l'on doit m'arracher des dents, il faut me le dire clairement afin que je m'y prépare, voire que je prenne une dose de tranquillisants avant ! 

Ma dernière extraction de dent de sagesse  a été un véritable cauchemar et la dentiste m'a fortement réprimandée ! Que s'imaginent-ils donc ? Que l'on vient pour le plaisir ! 

Je suis donc repartie du cabinet sans nouveau RV et avec toutes mes dents ! 

Mais le problème n'était pas résolu pour autant, car l'infection est bien présente ! Alors Jp qui a compris mon grand désarroi, a pris RV avec sa dentiste, dans sa montagne et nous voilà hier, tous les deux dans ce nouveau cabinet,  Jp pour un détartrage et moi pour un nouveau diagnostic. 

Mais ce nouveau diagnostic est sans appel, il me faut renoncer à mon bridge, accepter l'extraction de deux dents et procéder à un curetage...





Et comme l'os est très endommagé, il faudra envisager d'ici 3 à 4 mois une greffe osseuse avant de pouvoir poser des implants ... RV à la fin du mois pour la suite ... Mais j'ai le temps de m'y préparer et de faire des économies !!! 




A bientôt pour la suite de mes aventures de sexagénaire ! 



lundi 5 février 2018

A la recherche d'une nouvelle demeure

Le temps passe et passe et nous voilà déjà en février d'une nouvelle année !
Nous avons passé  un agréable Noël en famille avec trois de nos enfants et Sonia, la compagne de Florent, puis Titouan nous a rejoints.  

Noël 2017


Une  jolie parenthèse au milieu de ma rééducation et de nos visites de maisons car à l'approche de nos fins de carrières respectives, nous avons décidé de trouver une maison avec un peu de terrain, un plus grand séjour et si possible une piscine ! 


Noël 2017

Nous nous sommes laissés vivre pendant quelques jours, sans contraintes, sans horaires... Les filles nous ont concocté un somptueux buffet que nous avons joyeusement partagé en dégustant une soupe de champagne et en ouvrant nos paquets ! 


Noël 2017


Noël 2017
  
Noël 2017



Noël 2017


Noël 2017


Puis nous nous sommes rendus en région parisienne afin de voir nos parents que nous voyons bien tristement perdre leur vitalité d'année en année ! Ainsi va la vie, mais ce n'est pas facile à accepter ! 

Et notre petit rythme a repris: Séances de kiné, de balnéo et maison pour moi, et le travail qui commence à peser bien lourd pour Jp ! 


Noël 2017

Mon épaule droite m'a bien fait souffrir en ce début d'année et mon moral s'en est ressenti ! 
Nous avons recommencé à visiter des maisons et c'est à la 25ème visite que nous avons enfin trouvé une maison correspondant à nos critères , dans nos prix et  avec une superbe piscine couverte en prime ! 




Offre d'achat, mise en vente de notre maison, diagnostics, Rv avec la banque et signature du compromis ont suivi jusqu'à ce que nous réalisions que les problèmes d'humidité récemment constatés sur notre maison risquaient de compromettre la vente... Alors à très grands regrets, nous avons fait marche arrière et nous nous apprêtons à effectuer les travaux de notre façade arrière et à identifier l'origine de l'humidité ! 

Notre rêve est temporairement reporté ! La raison l'a emporté ! Il me faut accuser le coup, mais il y a tellement de choses plus graves ! 

A bientôt. 


mardi 19 décembre 2017

Rééducation

Après la réparation, il faut passer par la case rééducation... 

Voilà déjà 5 semaines que j'ai été opérée de la coiffe de rotateurs de mon épaule droite et j'ai attaqué 4 jours après la rééducation en Hôpital de Jour (HDJ dans le langage médical). 3 jours par semaine pour commencer puis 5 jours par semaine dès la troisième semaine. Rééducation passive au départ, c'est à dire prise en charge de la douleur, massages au niveau de l'épaule et des cervicales qui ont souffert, relâchement de l'épaule et récupération de sa mobilisation passive lorsqu'elle est manipulée par le kinésithérapeute, sans solliciter les muscles.



J'alterne tous les matins des séances de kiné et de balnéo. 
A partir de la semaine prochaine, c'est la phase de rééducation active qui commencera, avec chaque matin, une heure de balnéo, une heure de kiné et une heure d'ergothérapie. Il convient toutefois de rester prudent car le tendon ne se fixe véritablement sur l'os qu'au bout de 3 mois. Aucun travail de force ne doit être effectué. 





La douleur est lancinante depuis l'opération, les nuits sont difficiles même si une amélioration commence à se faire sentir et le moral s'en ressent mais il faut relativiser ses petits malheurs lorsque l'on rencontre en Hôpital de Jour des personnes lourdement handicapées notamment suite à des accidents... 








Mais il faut que je me dise que je serai bientôt toute neuve ! 



A bientôt pour la suite de mes aventures ! 

lundi 9 octobre 2017

Amour. Film de Michael Haneke (2012)

A notre entrée dans la soixantaine, nous avons la chance d'avoir nos quatre parents ! Mais ils ont entre 85 et 88 ans et c'est l'âge où la santé joue de sacrés tours et nous donnent de nombreux soucis ! 

Le film "Amour" , diffusé le 4 octobre nous a donc particulièrement émus. 


Difficile de ne pas faire le rapprochement avec la situation actuelle de mes parents qui, s'ils ont la chance d'être encore ensemble, ont aujourd'hui du mal à affronter le quotidien. Mon père a fait lui aussi au moins trois AVC et s'il s'est assez bien remis physiquement, il a perdu beaucoup de capacités cognitives. 
Maman s'inquiète en permanence pour lui, car il peut à tout moment chuter, se blesser, perdre ses papiers, son porte-feuille et même ne plus retrouver son chemin ! La communication devient de plus en plus difficile entre eux et la vie n'est plus rythmée que par les repas, la toilette, le sommeil... Plus de sorties, plus de vacances... C'est un peu comme si la bulle de leur univers se resserrait petit à petit, un peu comme dans "L'écume des jours" de Boris Vian . 

Et comme dans le film, pas question pour l'instant de maison de retraite car l'univers de mon père est chez lui, auprès de son épouse dont il est aujourd'hui complètement  dépendant ! même si c'est extrêmement lourd pour Maman qui a été opérée il y a un an d'un cancer du sein, et qui n'aspire qu'à se reposer. 

Nous, les enfants, nous sommes très désemparés face à cette situation. Comment protéger l'un sans détruire l'autre ? Et a-t-on finalement le droit de s'immiscer dans leur vie et de décider à leur place ? 

Alors bien-entendu, j'ai trouvé ce presque huis-clos magnifiquement joué par Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva qui ont dans ce film tenu des rôles très difficiles. 



Il faut que l'amour entre deux êtres soit très fort pour accepter d'assumer la dégradation physique et mentale de l'autre et se consacrer entièrement à lui, en acceptant et en comprenant ses réactions parfois violentes, son désir d'en finir pour ne plus être une charge et parce que vivre aussi diminué parait insurmontable !

Georges (Jean-Louis Trintignant) est d'une patience infinie avec Anne (Emmanuelle Riva), complètement bouleversante dans sa dégradation et sa volonté de tenter de communiquer jusqu'à la fin... Quelle émotion lorsqu'elle essaie de chanter "Sur le pont d'Avignon " 

Les visites d'Eva, leur fille (Isabelle Huppert) sont ressenties comme une incursion dans la fin de vie des deux octogénaires même si elles sont parfaitement légitimes. Elle s'inquiète pour sa mère ! Mais Anne n'a pas envie que sa fille la voit se dégrader et Georges n'a pas besoin de recevoir une leçon de morale de la part de sa fille ! C'est leur histoire à tous les deux et elle ne regarde personne d'autre ! 

D'où les questions que l'on est amené à se poser lorsque l'on veut venir en aide à ses parents. Nous raisonnons par rapport à nos attentes, nous cherchons des solutions destinées à nous rassurer mais ce ne sont pas forcément les meilleures pour eux ! 

La fin du film m'amène à regretter que l'euthanasie ne soit pas autorisée en France car lorsqu'une personne se sachant condamnée décide de mourir, je trouve qu'une jolie cérémonie familiale rend le départ beaucoup plus doux et acceptable pour ceux qui restent et permet à la personne qui s'en va de faire ses adieux en étant entourée des siens ! 


Réparations

Avant le nouveau départ tant attendu, il a fallu passer par la case "réparations" et notamment réparer la coiffe des rotateurs de mes deux épaules... A commencer par la gauche qui a été opérée en novembre dernier.  Et l'opération de la droite, c'est dans 3 jours !  




Une petite chanson de circonstance :





Mais la coiffe des rotateurs, c'est quoi exactement ? 

C'est un groupe de quatre tendons qui sont les parties terminales de quatre muscles qui coiffent la tête de l'humérus. Cet ensemble muscles-tendons donne la force nécessaire pour lever le bras, le tourner et contribue à la stabilité de l'épaule. 


La rupture de la coiffe correspond à une désinsertion totale ou partielle d'un ou plusieurs tendons. Le plus souvent il s'agit du supra-épineux (ou sus épineux), mais il peut s'agir aussi de l'infra-épineux (ou sous épineux). 

Dans mon cas a été diagnostiquée, grâce à une échographie puis un arthroscanner, une large rupture de la totalité du supra-épineux et du contingent antérieur infra-épineux sur les deux épaules. 





Quelles sont les causes de cette rupture ? 


Elles sont le plus souvent liées à l'usure à partir de 45 ans, elles peuvent être d'origine traumatique, en rapport avec certaines maladies, l'exercice de métiers manuels sollicitant beaucoup les épaules, ou des facteurs anatomiques, c'est notamment mon cas, le bec acromial favorisant les conflits et l'usure des tendons lors de la mobilisation de l'épaule.  







Quelles sont les conséquences de la rupture des tendons ? 

La taille de la ou des rupture(s) augmente progressivement si l'on ne fait rien.  l’extrémité du tendon s'éloigne de son attache d’origine. 
Le corps musculaire se rétracte et se charge progressivement de graisse.
L'arthrose s'installe. 
Il y a une perte de force, une diminution de la mobilité de l'épaule et des douleurs à la mobilisation et la nuit qui peuvent empêcher de dormir. 


Comment répare-t-on ? 



La réparation par arthroscopie est préférable à chaque fois qu'elle est possible. 
L'intervention consiste à rattacher le ou les tendons sur la tête de l'humérus à l'aide de fils de suture et de petites ancres, ainsi qu'à ôter le bec osseux présent au-dessous de l'acromion. 






Réparation de la coiffe des rotateurs



Après l'intervention, l'épaule est maintenue pendant 5 à 6 semaines dans  une attelle, une rééducation d'une durée de 6 mois est mise en place. Il faut compter environ un an pour récupérer totalement (ou partiellement si la rupture était très importante !) l'usage de son épaule. 




Vous voyez, ce n'est pas simple, et c'est long !  Et si l'on ne fait rien ou si l'on attend trop longtemps, cela s'aggrave,  la réparation n'est plus possible, la pose d'une prothèse peut être envisagée mais c'est une intervention encore plus lourde ! 



Mais comment diable en suis-je arrivée là ?


La ménagite 

Je me plains de mes épaules et principalement de la droite depuis plus de 15 ans. J'avais alors fait part de mes douleurs à mon médecin traitant qui m'avait dit que je souffrais de la "ménagite" et qu'il suffisait que je laisse la poussière et le linge s'accumuler pour voir disparaître mes souffrances ! 

J'ai cessé temporairement de me plaindre jusqu'à ce que je me réveille un matin avec le bras complètement bloqué. Je me suis rendue avec difficulté chez un ostéopathe qui m'a temporairement soulagée. 




Mais les douleurs ont perduré sur les deux épaules. J'ai dû un jour me rendre aux urgences tant je souffrais. J'ai passé une radio, celle-ci a révélé une calcification. Mon médecin généraliste me prescrivais des anti-inflammatoires à chaque fois que j'évoquais mon problème. J'ai consulté un rhumatologue qui m'a fait passer une échographie . La rupture était alors visible mais aucune explication ne m'a été donnée et seules quelques séances de kiné m'ont été prescrites. Alors je me suis dit qu'il fallait que j'apprenne à vivre en ayant mal ! 




Et puis fin 2014,  suite à une violente douleur au genou gauche, je suis entrée en contact avec un chirurgien orthopédiste qui m'a opérée du ménisque qui était fendu. L'année suivante, je me faisais opérée du ménisque du genou droit et j'en profitais pour évoquer mes douleurs au niveau des épaules... 


Le chirurgien m'a alors mise en contact avec un orthopédiste spécialisé dans les membres supérieurs. J'ai repassé radio, échographie puis arthroscanner de l'épaule droite et au vu des résultats, le chirurgien m'a dit que je n'étais plus opérable car j'avais trop attendu !  Il fallait que je cesse au plus vite mon activité professionnelle !  J'en aurais pleuré, j’avais mis tant d'espoir dans la perspective (enfin !) d'une réparation ! Alors, j'ai repassé les mêmes examens mais pour l'épaule gauche pour m'apercevoir que les dégâts étaient à peu près les mêmes... Même taille de rupture. 
Le chirurgien a toutefois trouvé que mes muscles étaient un peu moins atrophiés et que l'on pouvait tenter l'opération. Et devant mon désarroi, il m'a dit que si tout se passait bien, on tenterait l'opération de l'épaule droite !   

Alors voilà, j'ai en partie récupéré l'usage de mon épaule gauche même si je reste handicapée :  11 mois après mon intervention, je ne peux pas lever complètement mon bras, ni devant, ni sur le côté, je ne peux pas porter, j'ai toujours du mal à étendre mon linge...  mais j'ai beaucoup moins mal. Alors, j'espère que tout va bien se passer pour l'épaule droite... 

En conclusion, si vous souffrez, n'hésitez pas à pousser les portes, à vous plaindre, à demander à passer des examens... Car si vous attendez trop, il risque d'être trop tard pour intervenir ! 


Une année bien perturbée. du 23 au 31 décembre 2020

Les douloureux événements de ces dernières semaines m'ont empêché de venir compléter mon blog,  je vais toutefois tenter de faire un rés...